CR Conseil CAVYVS 26 juillet 2017 / Cumul ou projet ? Faire le choix de l'interet general !

Publié le par MGRC

Le 26 juillet dernier le conseil communautaire du Val d'Yerres Val de Seine était convoqué pour réélire son exécutif suite à la démission de son président pour cause de cumul de mandat.

Les 70 élus furent destinataires d'un courrier de candidature de deux postulants : Olivier Clodong, nouveau Maire de Yerres, conseiller départemental et François Durovray Président du Conseil Départemental, 1er adjoint aux finances de Montgeron. A l'heure de l'ouverture des débats seuls ces deux candidats avaient pris attache auprès de l'ensemble des élus communautaires pour faire connaitre leur projet et engagements pour les années restants à courir du mandat.

L'élu MRC de l'assemblée a donc fait un choix au regard de l'offre d'utilité pour le bien commun entre ces deux candidatures considérant que les crises successives enregistrées depuis 2014 (au sein de la CASVS / conflit DUROVRAY-TRON, puis au sein de la CAVYVS depuis 2016) exigeaient d'avoir une issue susceptible de retrouver le sens de l'intérêt général.

A l'issue de la présentation des motivations de deux candidats déclarées, une troisième candidature a été déposée sur table par l'élue socialiste montgeronnaise sans information ni concertation préalable des élus présents y compris le maire de Boussy-Saint-Antoine. Candidature de plein droit celle-ci fut enregistrée.

Le scrutin étant à bulletin secret, la présidente doyenne d'âge, sous impulsion du président par intérim lui même candidat (François Durovray), a refusé le droit d'expression pour motiver des prises de position pour cette élection (y aurait il eu quelques craintes que les indécis entendent quelques messages utiles ?). En conséquence et pour lever toute ambiguïté sur la position de l'élu MRC de la CAVYVS vous trouverez ci-dessous la déclaration préparée à cet effet.

"Mesdames, Messieurs,

Cher(e)s collègues élu(e)s ;

La loi sur le cumul des mandats et le choix des électrices et électeurs aux élections législatives nous amènent aujourd’hui à désigner à la fois une nouvelle présidence pour notre agglomération mais aussi un nouvel exécutif pour l’accompagner dans les missions d’élaboration d’un véritable projet de territoire et de proximité pour nos concitoyens.

Ce soir nous sommes donc 70 élus du territoire, indépendants et responsables de nos actes, chacune et chacun dépositaire du devoir devant nos concitoyens de mettre en ordre de marche une agglomération dont le fonctionnement a été trop longtemps bloqué et ce au détriment de l’intérêt général et du bien commun dont nous sommes tous comptables.

Le cycle électoral étant terminé il devient urgent maintenant de créer les conditions d’un véritable travail collaboratif au sein de la communauté d’agglomération et, sans méconnaitre le principe  de libre administration des communes qui nous anime tous, créer une dynamique positive pour le territoire et ses habitants.

Les enjeux sont de taille pour nos villes et nos concitoyens, et nous n’avons déjà que trop tardé à nous mettre collectivement au travail notamment dans la mobilisation de l’ensemble des acteurs importants qui composent notre agglomération.

  • Dévitalisation relative de l’activité et de l’emploi
  • Hyperspécialisation résidentielle et distorsion de l’offre et de la qualité des services et équipements offerts aux usagers
  • Amplification des disparités au sein du territoire tant en terme d’activités que de revenus
  • Difficultés croissantes d’accessibilités, de dessertes et d’utilisations des modes de transports, qu’ils soient individuels ou collectifs, routiers ou ferroviaires

Ces éléments constitutifs du rapport du Conseil Economique, Social, Environnemental de la Région Ile de France adopté en séance du 11 juillet dernier pourraient correspondre à l’analyse interne de notre propre territoire. Il démontre l’urgence à reprendre l’ébauche des travaux de notre premier séminaire, laissé en jachère, pour tendre à la construction d’un diagnostic local exhaustif des points de force et de faiblesse de notre agglomération pour enfin inscrire la CAVYVS dans le grand mécano institutionnel qui poursuit inlassablement sa route sous l’impulsion des gouvernements successifs depuis 2005.

Lors de la séance d’installation du 9 mars 2016 je m’étais autorisé à vous proposer 5 axes prioritaires fondés sur :

  • une nouvelle charte de gouvernance,
  • le principe de coopérative des villes,
  • le développement des projets de territoire avec le lancement d’un schéma de cohérence territoriale et la définition de zonages d’interventions prioritaires et de portage de projets d’intérêts communautaires,
  • la mise en place d’un pacte financier mais aussi fiscal et social,
  • enfin, revivifier la démocratie de proximité et la place des habitants notamment avec la mise en place d’un conseil de développement économique, social, environnemental communautaire.

Certains de ces points ont déjà trouvé une amorce de mise en place sans toutefois à ce jour permettre à notre assemblée de retrouver la sérénité nécessaire à un vrai travail collaboratif. Notre dernière séance en fut une nouvelle fois la triste démonstration.

Ainsi ce soir, en homme libre, je prendrai position sur les candidatures qui se présentent à nos suffrages dans un souci de vote utile aidant à tourner la page de deux années d’affrontements dont chacun a pu mesurer tant la violence des propos échangés que l’irrespect souvent constaté à l’égard du plus grand nombre des élus siégeant dans notre assemblée. Ce soir mes chers collègues, individuellement nous avons le pouvoir collectif de faire le pari de l’intelligence, de l’efficacité et de la qualité de la gouvernance et surtout de la capacité à tisser des liens utiles pour notre territoire et nos populations. Nous avons le pouvoir de chercher ensemble le chemin de la raison ce qui n’enlève en rien le droit de défendre ses convictions profondes avec force et vigueur.

Pour expliquer mon vote de ce soir je tiens à définir les trois critères qui ont prévalu à la détermination de mon choix.

Le premier consiste à garantir l’équilibre des pouvoirs entre nos collectivités pour une plus grande efficacité au profit de nos communes et de nos projets d’intérêts généraux. Ainsi dans une époque ou la complexité et les partenariats sont au cœur des politiques publiques il me semble important que notre territoire soit présidée par une personnalité dont l’autonomie vis-à-vis des autres financeurs puisse être assurée afin de mieux garantir la défense nos intérêts communs. En clair, il ne me semble pas sein sur bon nombre de dossiers que nos intérêts légitimes soit porté par un exécutif pouvant être à la fois juge et partie dans l’une ou l’autre des institutions extraterritoriales qui seraient amenés à en délibérer sous son contrôle.

Le second consiste à une forte interrogation sur le devenir de nos politiques d’aménagement du territoire, notamment à l’aune du transfert de compétences en termes d’urbanisme à l’horizon de 2021 et, de la mise en œuvre ou non d’outils d’aménagement et de portage foncier des opérations à intervenir sur notre territoire et nos villes. La aussi il me semble plus adapté de garder la main sur les possibilités de nous doter des moyens de nos ambitions plutôt que d’imaginer dans un délai plus ou moins bref de nous adosser à d’autres structures juridiques externes du type SEM d’aménagement notamment départementales en lien avec le portage financier de l’EPFIF. Cela vaut bien évidemment pour les opérations d’urbanisme de droit commun mais encore plus sur les dispositifs ANRU et leur juste coordination à l’échelle de notre territoire global avec ses impacts en termes d’habitat et de cadre de vie.

Le troisième, enfin, consiste à la clarification du volet fiscal et social de la charte financière qui a ce jour ne débouche que sur un pacte à minima de redistribution aux communes, de la richesse prélevée en plus sur les ménages et les entreprises sans mise en perspective réelle d’un plan pluriannuel d’études stratégiques visant à répondre aux objectifs de gestion prévisionnelle des besoins de notre territoire enclavé entre la Métropole et Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart.

Vous l’aurez donc bien compris, ce soir, mes chers collègues, je vous invite à tourner la page d’une gestion pour le moins abracadabrantesque sur ces deux dernières années consécutive à la fusion de nos ex-agglomérations et, à regarder vers l’avenir, ce qui nécessitera une présidence active et collaborative de tous les instants, une présidence non sujette à d’autres considérations que la gestion des intérêts de nos villes ce qui me semble incompatible avec l’exercice d’autres mandats exécutifs sauf bien évidemment ceux qui sont issus du mandat municipal qui a prévalu à notre désignation par les instances délibératives de nos communes.

Il en va de l’avenir de notre territoire, de ses 180 000 habitants, du respect de la libre administration de nos villes et de notre territoire, d’une gouvernance de projets de proximité au service de nos concitoyens.

En conséquence, je vous invite majoritairement, tout comme moi et en toute liberté, à porter vos suffrages sur la candidature d’Olivier CLODONG, homme de consensus, attaché au respect des valeurs humaines, républicaines et à la démocratie, valeurs que nous partageons tous et que nous avons l’obligation de faire vivre dans les faits sur notre agglomération car il en va de la crédibilité de nos institutions représentatives et de la citoyenneté.

Il sait que pour ma part il ne s’agit pas d’un blanc-seing mais bien plus d’un vote de mission pour qu’enfin collectivement et dans le respect de nos différences, la communauté d’agglomération du Val d’Yerres Val de Seine, retrouve la sérénité qui doit prévaloir à ses débats et, son personnel, un environnement propice pour mener à bien leurs missions de services publics.

Merci de votre attention.

Christophe JOSEPH - Conseiller Communautaire MRC"

A l'issue du vote François Durovray fut élu Président au 1er tour avec 36 voix sur 70.

Il a été procédé ensuite aux élections des VP : Les mieux élus furent Olivier Clodong et Christine Garnier avec 58 voix sur 68 exprimées et en voiture balaie Georges Pujals (40 voix) et Sylvie Carillon (44 voix).

Etre élu suppose parfois de choisir sans adhérer et de prendre des décisions en son âme et conscience. Ce vote et cette position n'engagent donc que l'élu MRC de l'agglomération qui est l'une des composantes du groupe GRC de Montgeron.

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